ITW de l’artiste-interprète réalisée par Sigrid Clément, journaliste :
Patrick Kuban, racontez-moi votre parcours, pourquoi la voix off.. ?
J’ai eu très tôt le virus de la radio grâce à France Inter et à ses voix : Jacques Chancel, Blanc-Francard, Kriss ou Bernard Lenoir.J’ai découvert mon premier studio de radio à l’âge 13 ans le 29 octobre 1981…1 micro, 2 platines et une console dans un studio de 10 m2 : une révélation. Un an plus tard j’avais une émission le mercredi, puis une quotidienne tous les soirs sur le rock anglais avec le NME et mes disques New Rose dans mon cartable. Ensuite tout s’enchaine dans des structures plus pros : Radio France Isère puis Fun Radio qui me propulse à Paris à la production du réseau. A l’antenne de Fun : ma voix très transformée annonce les 6 tops d’un block. Je commence mes 1ere séances de pub et très vite je constate que « l’école radio » n’est pas suffisante…donc je cours chez Florent pendant 3 ans…pour apprendre les bases de la comédie et monter des pièces. Depuis 1988, je prête régulièrement ma voix pour des documentaires, des voix-off publicitaires, des bandes annonces et des habillages sonores. Je collabore avec plus d’une centaine de sociétés indépendantes et de grands groupes médias.
Vous faites partie de l’association Les Voix, quel est son but ?
Tout est parti d’une discussion sur Internet qui a permis de constater que les artistes-interprètes comédiens voix off, que l’on entend toute la journée à la radio ou à la télévision, avaient réellement besoin d’une association professionnelle. Il nous manquait un lieu d’échanges, un peu de solidarité dans un métier solitaire (dixit Padg).
L’idée était de mieux faire connaitre cette pratique du métier de comédien, partager nos valeurs avec le plus grand nombre et pérenniser notre activité dans le respect des différents métiers du son. C’est une avancé considérable dans un métier qui n’a jamais été trop structuré.
Avec 80 autres fondateurs, nous avons donc rédigé une charte déontologique et c’est sur le modèle d’associations étrangères que nous avons créé LES VOIX en 2010, la 1er association du genre en France. Nous avons des profils et des parcours très différents, mais nous partageons les mêmes valeurs à travers une charte. Pour la 1er fois ce métier passionnant allait avoir son association et un site internet d’information! Nous n’avons pas hésité longtemps… »
BlaBlaPADG – On détourne une Bande-Annonce avec une des voix off de CANAL + :
Opt-out IA activé
Pour rappel, les outils d’IA générative reposent, pour la plupart d’entre eux, sur des bases d’entraînement composées de différentes données, parmi lesquelles peuvent se trouver des œuvres protégées par le droit d’auteur et les droits voisins. La mise en place de ce droit d’opposition par un mandat individuel, porté par l’association LESVOIX, vise par conséquent à restaurer les droits exclusifs des artistes-interprètes signataires en conditionnant les opérations de fouille de données (ou data-mining) à leur autorisation préalable.
Ainsi, les entités qui utilisent des œuvres pour alimenter leurs bases d’entraînement et réaliser des activités de fouilles de données à partir de celles-ci devront demander aux artistes interprètes une autorisation préalable et négocier expressément les conditions de cette exploitation.
Extrait du mandat : Ce mandat, relatif aux prestations fixées par l’Artiste aux fins de réalisation (i) d’enregistrements publicitaires sonores ou audiovisuels, (ii) de livres-audio et (iii) de produits multimédias tels que les jeux vidéos, est proposé à chaque membre de l’association qui devra le signer pour le rendre effectif. Toute utilisation des enregistrements de l’artiste dans le périmètre de ce mandat pour « entraîner une IA » devra donc faire l’objet d’une autorisation de sa part.
J’ai signé le mandat de l’association LESVOIX exprimant mon droit d’opposition au moissonnage de ma voix par les sociétés d’intelligence artificielle.
